Guy POLETZ
A la tête d'un quota de 248 000 litres de lait,
Guy POLETZ, installé à Vauxaillon, petit village proche de Soissons,
poursuit sa conversion
afin que le lait produit soit bio dès septembre 2003.
[Extrait de LABienvenue N°10]
Association de l'Agriculture Biologique de Picardie
516, rue Saint-Fuscien - 80000 Amiens
Tél : 03 22 22 58 30 - Fax : 03 22 41 11 08
Mail : contact@bio-picardie.com
Je
me suis installé en 1990, en GAEC avec mes deux frères. Aujourd'hui, sur les
188 ha de la ferme, 1/3 est en conversion, il s'agit des surfaces destinées
à l'alimentation de mes 42 vaches laitières : prairies temporaires, prairies
permanentes, céréales (avoine, triticale). La conversion totale des terres n'est
pas encore envisagée, car les rotations avec la betterave sucrière nous bloquent.
Membre depuis 1994 du " réseau des quinze fermes " (projet de désintensification
progressive), nous avons fait en sorte de réduire de plus en plus les intrants
et d'utiliser au maximum les surfaces herbagères, car auparavant, nous utilisions
uniquement de l'ensilage de maïs et des pulpes pour l'alimentation des vaches,
et pas du tout de foin. La conversion à l'Agriculture Biologique n'est donc
qu'une évolution logique vers un système plus respectueux de l'environnement.
La conversion a débuté par les terres. Elle commencera pour les vaches laitières
en mars prochain. Grâce au bio, nous revenons à des pratiques simples et logiques,
comme l'alimentation à base d'herbe. Nous avons arrêté les vaches allaitantes,
puis les bœufs laitiers afin de nous concentrer sur le lait et éviter la concurrence
au pâturage. De plus, nous sommes devenus autonomes, ce qui est rare dans les
fermes conventionnelles. Nous avons également réduit notre charge de travail.
Ce sont deux éléments importants pour pérenniser une ferme. Le plus dur est
de trouver les nouveaux rythmes de travail pour le pâturage tournant, les rotations,
… Il nous faudra bien 3 à 4 ans avant que le système soit véritablement calé.
Compte tenu du chemin déjà parcouru avec "les quinze fermes", le bio devrait
nous permettre de mieux valoriser nos produits sans révolution technique. Toutefois,
certaines terres qui avaient toujours été cultivées, ont été semées en prairies.
En résumé, le plus difficile a été de changer notre façon de penser.
Sur le plan sanitaire, le troupeau est sain. Actuellement, il est composé de
Prim'Holstein mais je voudrais le métisser avec des Normandes pour leur rusticité
et leur meilleure valorisation à la réforme. Le changement vers une alimentation
plus naturelle joue énormément sur la santé du cheptel et les traitements homéopathiques
testés ces derniers mois se sont révélés efficaces : nous n'avons plus de diarrhées
chez les veaux qui sont nourris exclusivement au lait entier et au foin, les
mammites sont devenues rares et nous atteignons 70% de réussite en 1ère I.A.
Le passage au bio a nécessité des investissements : achat de matériel, transformation
de bâtiments, mais grâce aux aides du CTE, nous avons pu gagner du temps et
avancer plus rapidement. Nous nous sentons beaucoup mieux aujourd'hui.