Eleveurs de vaches allaitantes, Catherine et Philippe TERRE
se sont installés sur la ferme familiale à Caumont dans l'Aisne.
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Association de l'Agriculture Biologique de Picardie
516, rue Saint-Fuscien - 80000 Amiens
Tél : 03 22 22 58 30 - Fax : 03 22 41 11 08
Mail : contact@bio-picardie.com

L'installation en bio, une évidence
Leur vie professionnelle, Catherine et Philippe l'ont débuté à l'étranger. Après 5 ans en Afrique avec Catherine, Philippe est agent de développement agricole en Ukraine jusqu'au jour où ils se retrouvent devant un choix décisif : reprendre la ferme des parents de Philippe.
Le délai de réflexion est court ce qui ne leur permet pas de bénéficier des aides à l'installation. Mais Philippe s'installe qu'en même au 1er janvier 1997, sur 32 ha et 15 vaches laitières réorientées vers l'allaitant. Face à la dimension de cette structure, ils ambitionnent de diversifier l'activité existante pour la faire vivre et évoluer.
De leur expérience en Afrique, ils retiennent entre autre la fragilité des milieux face à des pratiques agricoles inappropriées. Ce vécu les amène machinalement à s'intéresser aux pratiques agricoles respectueuses du milieu naturel. Après des rencontres et des témoignages d'agriculteurs bio picards, encore peu nombreux à l'époque, ils sont convaincus de la capacité à valoriser leurs vaches allaitantes en Agriculture Biologique.
Le 1er mars de la même année, ils se notifient en Agriculture Biologique sur l'élevage et 40% de la surface agricole. Les Mesures Agri-Environnementales leur permettent, au début seulement, de les soutenir dans cette conversion. A l'époque, la conversion étant de 24 mois pour les cultures et 30 mois pour les animaux, ces derniers sont certifiés AB en septembre 1999.
La ferme évolue progressivement pour atteindre 47 ha de surfaces en 2004 dont 70% en Agriculture Biologique et 18 vaches allaitantes.


De l'élevage à la vente directe, une démarche globale
Au début, la ferme est orientée essentiellement vers les filières longues avec la production de bœufs de races mixtes et la vente des cultures. Des formations, des rencontres avec d'autres agriculteurs, des témoignages les amènent à réfléchir sur la valorisation de leurs animaux en vente directe.
L'idée fait son chemin et les premières ventes s'organisent en juin 1999. Ce choix
les conduit à organiser leurs vêlages toute l'année et croiser leurs animaux avec
la race charolaise. Au début, Catherine et Philippe testent la qualité de leur viande dans le cercle familial et progressivement le cercle s'agrandit. Il faut dire que le contexte de la " vache folle " a poussé les consommateurs à réfléchir sur l'origine des produits.
Les débuts sont très prometteurs, la secrétaire de la mairie les aide à communiquer et les journaux locaux parlent d'eux. Avec 7 bœufs et 9 veaux tués par an, ils s'organisent pour réceptionner, emballer, peser et stocker pour la vente de la viande en caissette. Une activité gourmande en énergie et en main d'œuvre sur un court lapse de temps : une vente organisée le vendredi après-midi durant une partie de l'année. La quasi-totalité des caissettes partent alors en 3 ou 4 heures. Ces ventes régulières qui fonctionnement bien leur permettent d'investir rapidement dans une chambre froide et améliorer leur organisation.
Ce succès et la fidélité de la clientèle sont sûrement la conséquence d'une viande de qualité. Selon Catherine, ses clients ne viennent pas forcément chercher des produits issus de l'agriculture biologique mais plutôt des produits sains et de qualité. La preuve en est que l'on observe de plus en plus de produits sans additifs, sans conservateurs,…dans les magasins. A long terme, les personnes iront vers des produits plus écologiques et les produits bio auront alors toute leur légitimité.

Selon Catherine et Philippe : " Etre agriculteur bio, c'est une affaire de tous les
jours et de tous les instants. La démarche doit être globale, c'est-à-dire que nous devons réfléchir aussi sur nos gestes de la vie courante comme les achats,
diminuer les déchets,... Personne n'est parfait mais nous devons aller dans
ce sens ".
Catherine et Philippe vivent l'agriculture biologique comme une chance et sûrement pas comme un contrainte ou un facteur limitant. Pour l'avenir, ils espèrent profiter simplement de la vie et de la famille tout en mettant en application des choix durables pour faire vivre et évoluer la ferme familiale.

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