Christophe CARRE.
La conversion à l'agriculture biologique,
c'est la petite révolution de Catherine et Christophe CARRE.
[Extrait de LABienvenue N°6]
Association de l'Agriculture Biologique de Picardie
516, rue Saint-Fuscien - 80000 Amiens
Tél : 03 22 22 58 30 - Fax : 03 22 41 11 08
Mail : contact@bio-picardie.com
Installé
en 1987 sur la commune de Domfront, à quelques kilomètres au Sud de Montdidier,
Christophe CARRE est sans aucun doute un passionné d'élevage. Un quota laitier
de 250 000 l de lait, une moyenne d'étable à plus de 8 500 kg de lait / vache
et un troupeau Holstein à haut potentiel, placent Christophe dans les 25 meilleurs
éleveurs laitiers du département de l'Oise.
Aujourd'hui pour résumer, je fais presque du lait hors-sol. Sur les 72 ha de
la ferme, j'ai seulement 10 ha de prairies temporaires et 7 ha de prairies permanentes
dont un parcours de 3 ha pour les vaches laitières. 43 ha sont consacrés aux
céréales et 12 ha au maïs. La base de l'alimentation est l'ensilage de maïs,
les pulpes et les concentrés.
Les résultas sur l'élevage sont bons et malgré tout je me pose une quantité
de questions sur le devenir de ma ferme. Il faut ouvrir les yeux : le prix du
lait et des céréales sont tirés vers le bas, les charges augmentent, il faut
travailler plus pour un revenu qui se déplume. Personnellement je ne peux pas
continuer dans ce contexte. Des collègues font le choix de s'agrandir, mais
ici c'est impossible compte-tenu du prix élevé des terres, d'autres se regroupent
mais je suis le dernier agriculteur du village.
Tous ces facteurs nous perturbent depuis plusieurs années. Il y a cinq ans j'ai
demandé le cahier des charges sur le lait biologique. Mais aborder l'agriculture
biologique par la réglementation c'est indigeste, le document est resté en veille
plusieurs années sur mon bureau. Après la moisson 2000, j'étais sur le point
de péter les plombs, nous ne voulions plus continuer dans la voie de l'intensification,
il fallait faire quelque chose.
Produire du lait bio, ça ne me fait pas peur, c'est revenir à des pratiques
simples et cohérentes comme une alimentation à base d'herbe et de foin et surtout
retrouver son autonomie qui fait tristement défaut aujourd'hui.
Notre projet porte sur une conversion totale en 2,5 années. Je vais remettre
30 ha en prairies et 7 ha en luzerne. Ma surface en céréales va être divisée
par deux et elle sera directement valorisée par les animaux. J'espère que la
conversion bio va me réduire la charge de travail, car depuis le départ en retraite
de mon père je travaille seul sur la ferme et c'est très difficile.