Pascal DACHEUX
éleveur de Salers sur 75 ha au Bosquel dans la Somme,
applique sur sa ferme un ensemble de pratiques en rapport avec ses convictions :
agriculture biologique, plantation de haies,
rénovation d'un verger pâturé, création d'une mare...

[Extrait de LABienvenue N°7]
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Association de l'Agriculture Biologique de Picardie
516, rue Saint-Fuscien - 80000 Amiens
Tél : 03 22 22 58 30 - Fax : 03 22 41 11 08
Mail : contact@bio-picardie.com
J'ai repris la ferme de mes grands-parents en 1992 avec peu d'expérience dans le métier et sans formation agricole. Dès 1994, le souci de ne pas nuire à mon environnement, de protéger ma santé, et d'avoir un comportement citoyen, m'oriente vers la contractualisation de Mesures Agri-Environnementales. C'est naturellement un premier pas vers la conversion à l'agriculture biologique.

J'ai commencé ma conversion en 1998 avec des difficultés technique et économique. En effet, à cette date, l'agriculture bio était en encore peu développée. Aujourd'hui, nous nous sentons moins isolés.

Aujourd'hui, je pense gagner mieux ma vie en agriculture biologique. Mes parcelles groupées m'ont permise de mettre en place un système polyculture-élevage cohérent et autonome. Les prairies sont au centre de mon système. Elles sont d'excellentes têtes de rotation. L'année dernière, mon blé bio a fait 40 quintaux sans aucune intervention et sans apport extérieur. Et pourtant c'était une mauvaise année.

Pour le troupeau, j'ai choisi la race salers pour sa rusticité, sa souplesse d'élevage et son adaptation au système extensif. Mes frais sur le troupeau sont pratiquement nuls. Mes vaches sont nourries à l'herbe et au foin sans complément de ration. Je ne fais pas de traitement anti-parasitaire et elles sont en très bonne santé. La preuve, en une année, le vétérinaire est intervenu une seule fois pour un curage de sabot.

Ces résultats positifs m'ont encouragé à convertir la totalité de ma ferme en 2001. Je me sent plus tranquille car je n'utilise plus aucun produit phytosanitaire.

Pour moi, l'agriculture biologique donne un sens au métier d'agriculteur. Il y'a nécessité de réfléchir pour anticiper les problèmes et apporter des solutions agronomiques. Nos productions ont une valeur significative, c'est plus valorisant pour l'individu.

Aujourd'hui, j'ai retrouvé une réelle motivation qui me permet d'avoir de nouveaux projets comme : la commercialisation en directe de ma viande, le développement d'activités touristiques (hébergement, fabrication de jus de pomme à la ferme), la production légumière avec micro-irrigation pour valoriser un forage. Avec ces nouvelles activités, je souhaite créer un ou plusieurs emplois.

Mon principal regret c'est le manque d'agriculteurs bio dans notre région. C'est un frein à la mise en place d'outils communs. Mais avant de convertir ses terres il faut convertir "sa tête" pour concevoir différemment le métier d'agriculteur, c'est sûrement le plus difficile.
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