Techniques alternatives et innovations agronomiques

Les cultures légumières de plein champ biologiques, un atout pour la Picardie

Vous êtes céréalier et vous songez à diversifier vos productions... les légumes biologiques de plein champ sont une solution à envisager.

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Notre région intéresse de nombreux  opérateurs économiques notamment sur cinq espèces : la pomme de terre, la betterave rouge, la carotte, l’oignon et la racine d’endive.

À ce jour le marché du légume biologique de plein champ offre de larges possibilités de commercialisation : «Nous ne produisons pas la totalité des volumes que nos clients souhaiteraient trouver en Picardie» précise Jean-Pierre Peral, Conseiller technique Cultures légumières de plein champ à l’ABP. Ce contexte permet aux agriculteurs intéressés de contractualiser des surfaces de légumes biologiques à des prix rémunérateurs.
La diversité des espèces cultivées en plein champ permet aux agriculteurs de faire évoluer leur assolement en fonction des moyens humains et techniques disponibles sur l’exploitation. (Voir tableau ci-dessous.)

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Les cultures peu gourmandes en main-d’œuvre manuelle et investissements spécifiques

La pomme de terre biologique : Pas de travail manuel sur le désherbage. Des itinéraires techniques maîtrisés. Rendement moyen : 24 tonnes commercialisées/ha. Prix départ bord champ : 350-400 €/T selon la qualité et les opérateurs.
La racine d’endive : Peu de travail manuel sur le désherbage : une dizaine d’heure/ha/an. Prix payé au forçage : 0,05 à 0,06 €/racines. Rendement moyen : 200 à 250 000 racines forcées/ha.
La betterave rouge : Désherbage manuel : 30 à 50 h/ha/an. Rendement moyen : 45 tonnes commercialisées/ha. Prix départ stockage : 180 à 210 €/T selon la date de déstockage.

 

Les cultures plus techniques et demandeuses en main-d’œuvre

La carotte bio : Désherbage manuel : 100 à 150 h/ha. Rendement moyen : 50 tonnes commercialisées/ha. Prix départ stockage : 500 à 600  €/T selon la date de déstockage (de mars à mi-mai).
L’oignon : Espèce légumière demandant le plus de technique, de suivi et de main-d’œuvre : 250 à 300 h/ha. Marché le plus ouvert actuellement en région avec un rendement moyen : 40 T/ha. Prix départ bord champ : 350 à 400 €/T.

 

Maîtriser les adventices sur les cultures légumières de plein champ en AB

Un des enjeux majeurs en agriculture biologique est la lutte contre le développement des adventices. Une palette de solutions est à la disposition des producteurs : la désinfection vapeur, le désherbage thermique ou mécanique et l’intervention manuelle.

 

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Désherbage thermique

bedweeder PTDésherbage manuel sur "Lit de travail"

 

La désinfection vapeur est très efficace ; elle a été délaissée au cours de ces dernières années car les coûts de mise en œuvre sont devenus trop importants et le rendement de chantier est faible malgré un investissement en matériel élevé.
Le désherbage thermique apporte des solutions intéressantes, notamment en destruction  de  faux semis. Son efficacité est limitée sur les graminées et nulle sur les vivaces. Selon les cultures, on peut l’utiliser soit en post-semis / pré-levée (carotte, pomme de terre), soit en post-levée (oignon, betterave rouge).
Pour le désherbage mécanique, une gamme importante de matériels est proposée en fonction du type de culture. À plat et sur planche se sont les mêmes outils, tandis que sur butte se sont des matériels spécifiques. Des bineuses à guidage optique sont proposées. Attention : la plupart d’entre-elles sont efficaces uniquement lorsque le végétal cultivé a atteint 6 à 8 cm de haut. Le coût élevé de ces matériels génère un retour sur investissement long.
La combinaison du désherbage thermique et mécanique doit permettre de détruire la totalité des adventices présentes sur les inter-rangs et selon les cultures de 60% à 80% sur la ligne de culture.
Une intervention manuelle reste très souvent indispensable. Elle doit s’envisager avec une aide au désherbage manuel du type « lit de travail ». On en trouve des autotractés (maximum six places) ou des portés sur le relevage d’un tracteur (maximum 12 places). Le rendement d’un opérateur est multiplié en général par 4, tout en améliorant les conditions de travail. Cet équipement est l’un des leviers indispensables pour fidéliser la main-d’œuvre saisonnière.

 

Ces techniques ont prouvé leur efficacité en agriculture biologique et sont des solutions alternatives pour des exploitations conventionnelles qui veulent réduire leur consommation d’herbicide ou qui souhaitent trouver des réponses à des impasses techniques.

L’introduction de ces cultures peut palier à l’abandon du quota de betteraves sucrières dont la valorisation est inexistante en Bio à ce jour. Elles permettent, par leur capacité à générer des marges brutes importantes, d’intégrer de nouvelles ressources humaines ou de mieux valoriser celles déjà présentes sur l’exploitation.

 


CONTACT ABP
Jean-Pierre PERAL, Conseiller technique Cultures légumières de plein champ au 06 73 83 04 75