Techniques alternatives et innovations agronomiques

 

La série d'articles suivants porte sur les techniques alternatives pratiquées en agriculture biologique et les innovations agronomiques au service de la productivité.
Bonne lecture !
 
Acteurs du terrain en agriculture biologique, retrouvez le guide mis à jour des produits de protection des cultures utilisables et disponibles pour les systèmes bio en France.
En décembre 2016, l’Institut technique de l’agriculture biologique (Itab) a référencé la totalité des produits phytosanitaires et les substances de base autorisés en Agriculture Biologique (AB) en France.
Le guide peut être téléchargé sur le site de l’ITAB.
 

 
Découvrez les nouvelles fiches sur la Gestion des adventices vivaces en AB. 
 

 

Développement du colza bio

Colza2015

Culture exigeante, technique et peu répandue, le colza bio assure une diversification des assolements. Depuis longtemps utilisés en agriculture de conservation, les semis de colza avec plantes compagnes semblent pertinents pour lever les freins tels que la gestion des adventices et le maintien de la fertilité du système de cultures en agriculture biologique.

L’Agriculture Biologique en Picardie (ABP) a suivi et mis en place plusieurs mélanges colza/plantes compagnes lors de la dernière campagne culturale, l’occasion d’en tirer quelques enseignements.

 

 Le mélange plantes compagnes/colza 2015-2016

Pour cette nouvelle campagne colza bio l’ABP a testé le mélange sarrasin (10 kg/ha) + lentilles (10 kg/ha) + trèfle blanc (4 kg/ha), implanté au combiné de semis (rotative + semoir céréales). L’objectif de cette combinaison est d’avoir dès l’automne une couverture grâce au sarrasin et à la lentille qui gèleront durant l’hiver pour laisser place au développement du trèfle blanc au printemps. De cette façon une couverture la plus longue possible est escomptée pour limiter la levée et la concurrence des adventices.

 RetourEssaiColza

 ApprocheEco colza

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


CONTACT ABP
Rapahël DELVA, Conseiller Technique Polyculture élevage au 03 22 22 22 11

 


Concevoir son système de cultures productif…

La tête de rotation

RotationAvec le recul de plusieurs années de suivi de production, il parait difficile de concevoir un assolement sans mettre de tête de rotation moyenne durée. Ce système, basé sur une prairie temporaire à base de légumineuses, est le socle de productivité du système en agriculture biologique. Il doit évidemment s’adapter au type de sol présent sur l’exploitation, au marché et au besoin du troupeau s’il existe. Au premier abord, cette tête de rotation peut paraître improductive puisqu’elle ne permet pas de dégager d’EBE direct, mais au regard des bénéfices apportés à l’ensemble du système, elle participe largement à l’augmentation de l’EBE moyen de la rotation.

Conception d’une rotation
en agriculture biologique

 Exemple de mélanges préconisés en région

 Mélanges Densité de semis  Part de légumineuses 
 Semis d’automne    
 Seigle / Lentillon  120-200/250-300  35-45%
 Escourgeon / Pois Protéagineux  60-90/70-80  45-65%
Triticale / Pois Fourrager 100-250/25-50 20-55%
Triticale / Féverole 80-120/20-35 40-60%
Semis de printemps    
Avoine / Pois Protéagineux 60-80/60-90 55-70%
Orge / Pois Protéagineux 80-100/60-90 55-70%

 

Les cultures dites exigeantes

Elles se déterminent par un pouvoir concurrentiel faible et des besoins en fertilisation importants. Plusieurs espèces peuvent être implantées :

  • Blé panifiable Le taux de protéines sera assuré derrière un retournement de prairie temporaire. Le choix de la variété est important, il faut privilégier les Blés Panifiables Supérieurs (BPS) !
  • Céréales de printemps Il y a adéquation entre le besoin en azote de la culture et la disponibilité de l’azote dans le sol.
  • Colza Valorise très bien le pool d’azote rapidement disponible à l’automne.
  • Maïs Il y a adéquation entre le besoin en azote de la culture et la disponibilité de l’azote dans le sol.
  • Légumes de plein champ Pomme de terre, betterave rouge, carotte.

Les cultures dites Secondaires

Ce sont des espèces où les besoins en azote sont moindres et leur pouvoir couvrant est plus important. Caractéristiques des différentes céréales conduites en agriculture biologique :

  • Seigle Plante rustique, agressive, au pouvoir couvrant important.
  • Triticale Croisement entre le blé et le seigle, combinant productivité du blé et rusticité du seigle.
  • Épeautre Espèce adaptée aux terres difficiles. Limitée par son rendement mais compensée par sa valorisation.
  • Orge Productive, précoce et d’une rusticité comparable à un blé.
  • Avoine Productive, agressive et rustique mais avec une valorisation plus difficile.

Cultures dites Relais

Depuis quelques années, les mélanges céréales protéagineux sont devenus une réelle piste de développement pour allonger les rotations, ce qui permet d’augmenter la productivité du système.
Plusieurs avantages en découlent :

  • Production de protéagineux pour répondre à la forte demande du marché.
  • Gestion de la pression de l’enherbement par une couverture du sol importante et une faible disponibilité en éléments solubles.
  • Sécurisation du rendement par l’effet compensatoire de chaque espèce du mélange.
  • Augmentation de la fertilité du système de par la présence en légumineuse dans les mélanges.

Les trois principaux piliers de la réflexion sont donc la gestion de la fertilité, la gestion de la pression enherbement et la prise en compte du marché. Le choix de l’assolement doit donc se faire en prenant en considération ces trois facteurs qui conditionnent la durée de la rotation.

 

 


CONTACT ABP
Raphaël DELVA, Conseiller Technique Grandes cultures et élevage au 03 22 22 22 11

 


 

 

Choisir sa variété de blé tendre

MoissonBletendre
La campagne blé tendre 2014/2015 s’est bien déroulée, les rendements sont bons à très bons selon la réserve hydrique des sols et la disponibilité en azote. Avec une pression rouille jaune moindre que les deux années précédentes, il n’y a pas eu de grands bouleversements mais des confirmations en terme de comportement variétal vis-à-vis des spectres de tolérance aux maladies et des profils qualités.  

 

 precovarietale 2015 16

 

 

 

 

 

Bletendre 2014 15

 

 

 

 

 

 

 

 

 


CONTACT ABP
Raphaël DELVA, Conseiller Technique Grandes cultures et élevage au 03 22 22 22 11

 

 


Les cultures légumières de plein champ biologiques, un atout pour la Picardie

Vous êtes céréalier et vous songez à diversifier vos productions... les légumes biologiques de plein champ sont une solution à envisager.

oignons PT

Notre région intéresse de nombreux  opérateurs économiques notamment sur cinq espèces : la pomme de terre, la betterave rouge, la carotte, l’oignon et la racine d’endive.

À ce jour le marché du légume biologique de plein champ offre de larges possibilités de commercialisation : «Nous ne produisons pas la totalité des volumes que nos clients souhaiteraient trouver en Picardie» précise Jean-Pierre Peral, Conseiller technique Cultures légumières de plein champ à l’ABP. Ce contexte permet aux agriculteurs intéressés de contractualiser des surfaces de légumes biologiques à des prix rémunérateurs.
La diversité des espèces cultivées en plein champ permet aux agriculteurs de faire évoluer leur assolement en fonction des moyens humains et techniques disponibles sur l’exploitation. (Voir tableau ci-dessous.)

 TableauJTLPC 100914

 

Les cultures peu gourmandes en main-d’œuvre manuelle et investissements spécifiques

La pomme de terre biologique : Pas de travail manuel sur le désherbage. Des itinéraires techniques maîtrisés. Rendement moyen : 24 tonnes commercialisées/ha. Prix départ bord champ : 350-400 €/T selon la qualité et les opérateurs.
La racine d’endive : Peu de travail manuel sur le désherbage : une dizaine d’heure/ha/an. Prix payé au forçage : 0,05 à 0,06 €/racines. Rendement moyen : 200 à 250 000 racines forcées/ha.
La betterave rouge : Désherbage manuel : 30 à 50 h/ha/an. Rendement moyen : 45 tonnes commercialisées/ha. Prix départ stockage : 180 à 210 €/T selon la date de déstockage.

 

Les cultures plus techniques et demandeuses en main-d’œuvre

La carotte bio : Désherbage manuel : 100 à 150 h/ha. Rendement moyen : 50 tonnes commercialisées/ha. Prix départ stockage : 500 à 600  €/T selon la date de déstockage (de mars à mi-mai).
L’oignon : Espèce légumière demandant le plus de technique, de suivi et de main-d’œuvre : 250 à 300 h/ha. Marché le plus ouvert actuellement en région avec un rendement moyen : 40 T/ha. Prix départ bord champ : 350 à 400 €/T.

 

Maîtriser les adventices sur les cultures légumières de plein champ en AB

Un des enjeux majeurs en agriculture biologique est la lutte contre le développement des adventices. Une palette de solutions est à la disposition des producteurs : la désinfection vapeur, le désherbage thermique ou mécanique et l’intervention manuelle.

 

Desherbeur PT
Désherbage thermique

bedweeder PTDésherbage manuel sur "Lit de travail"

 

La désinfection vapeur est très efficace ; elle a été délaissée au cours de ces dernières années car les coûts de mise en œuvre sont devenus trop importants et le rendement de chantier est faible malgré un investissement en matériel élevé.
Le désherbage thermique apporte des solutions intéressantes, notamment en destruction  de  faux semis. Son efficacité est limitée sur les graminées et nulle sur les vivaces. Selon les cultures, on peut l’utiliser soit en post-semis / pré-levée (carotte, pomme de terre), soit en post-levée (oignon, betterave rouge).
Pour le désherbage mécanique, une gamme importante de matériels est proposée en fonction du type de culture. À plat et sur planche se sont les mêmes outils, tandis que sur butte se sont des matériels spécifiques. Des bineuses à guidage optique sont proposées. Attention : la plupart d’entre-elles sont efficaces uniquement lorsque le végétal cultivé a atteint 6 à 8 cm de haut. Le coût élevé de ces matériels génère un retour sur investissement long.
La combinaison du désherbage thermique et mécanique doit permettre de détruire la totalité des adventices présentes sur les inter-rangs et selon les cultures de 60% à 80% sur la ligne de culture.
Une intervention manuelle reste très souvent indispensable. Elle doit s’envisager avec une aide au désherbage manuel du type « lit de travail ». On en trouve des autotractés (maximum six places) ou des portés sur le relevage d’un tracteur (maximum 12 places). Le rendement d’un opérateur est multiplié en général par 4, tout en améliorant les conditions de travail. Cet équipement est l’un des leviers indispensables pour fidéliser la main-d’œuvre saisonnière.

 

Ces techniques ont prouvé leur efficacité en agriculture biologique et sont des solutions alternatives pour des exploitations conventionnelles qui veulent réduire leur consommation d’herbicide ou qui souhaitent trouver des réponses à des impasses techniques.

L’introduction de ces cultures peut palier à l’abandon du quota de betteraves sucrières dont la valorisation est inexistante en Bio à ce jour. Elles permettent, par leur capacité à générer des marges brutes importantes, d’intégrer de nouvelles ressources humaines ou de mieux valoriser celles déjà présentes sur l’exploitation.

 


CONTACT ABP
Jean-Pierre PERAL, Conseiller technique Cultures légumières de plein champ au 06 73 83 04 75

 

 

 


Agroforesterie en Picardie

Les hivers 2012-2013 et 2013-2014 ont vu l’aboutissement de plusieurs projets de plantations agroforestières sur des fermes biologiques en région Picardie. Ces plantations sont le résultat d’une réflexion amorcée au printemps 2011 lors d’une formation organisée par l’ABP sur ce thème. Deux ans plus tard les plantations sont devenues réalité sur 4 fermes bio picardes (une  autre plantation se fera à l’automne 2014).

Arbo 4 2014


Planter des arbres sur des parcelles cultivées (en céréales ou en fourrage) n’est pas chose simple. La conduite des cultures en place et l’implantation des arbres doivent cohabiter sans compliquer l’organisation de l’agriculteur dans les travaux du quotidien (travail du sol, semis, récolte, désherbage).

Comment réfléchir sa plantation ?

Deux types de projets ont vu le jour en Picardie ces deux dernières années :
• La plantation en ligne d’arbres destinés à la production de bois d’œuvre,
• La plantation de vergers haute tige (point de greffe supérieur à 2 mètres) destinés à la transformation.

Les éléments à prendre en compte dans la préparation d’un projet agroforestier :
• Le type de sol peut être limitant pour certaines essences d’arbres (sols forts argileux avec failles de rétractation, hydromorphie…) : un sondage pédologique à la tarière peut parfois être nécessaire.
• L’orientation de la plantation (en ligne) doit se faire au maximum dans un axe nord-sud afin de permettre à la culture en place et à la plantation de profiter du meilleur ensoleillement et de limiter la concurrence.
•  Le choix des essences : à définir en fonction du projet de l’agriculteur et des contraintes de la parcelle/du contexte pédoclimatique.
•  L’organisation des chantiers : un projet de ce type demande une certaine organisation dans la préparation de la parcelle (décompactage/travail de la ligne de semis à prévoir sur l’interculture) et du chantier de plantation (dans le cas où l’agriculteur plante lui-même).
•  Le temps d’entretiens de la plantation : entretien du sol/formation et élagage.

Les plantations d’arbres de haut-jet (destinés au bois d’œuvre) sont accompagnées sur la ligne de plantation par des essences arbustives (dites d’accompagnement ou de « bourrage »). Ces arbres ont pour but d’occuper l’espace (port buissonnant) présent entre chaque haut-jet et d’inciter ceux-ci à monter et à former un tronc droit et homogène (appelé « bille » ou « grume » dans le milieu forestier), c’est la qualité de cette grume (diamètre/taille entre autre) qui déterminera le niveau de valorisation du bois lors de la vente.

La place de ces arbres d’accompagnement sur la ligne peut être variable.

 Hautjet agrof

 


 

Planter, combien ça coûte ?

Les projets de plantation réalisés ont bénéficié de l’aide de la mesure 222 à hauteur de 70 à 80% dans le cadre du PDRH 2008-2013
(financements Conseil Régional de Picardie et Feader).

Type de Plantation  

En ligne       

Haute Tige

Destination    Bois d'œuvre / biomasse  

Transformation / consommation

Types d'essences plantées Forestières: Noyer, merisier, érable, alisier, cerisier, aulne, charme… (non exhaustif)

Arboricoles: Pommiers/Poiriers (variétés définies selon destination des fruits)

Facteurs limitants la plantation Orientation de la parcelle, types de sol Types de sol, variétés adaptées à la conduite haute tige
Largeur de plantation Selon
 la largeur des outils utilisés: semoir, herse étrille, moissonneuse, pulvérisateur (multiple de 3,6, 12mètres généralement)
Selon la configuration de la parcelle et de la conduite souhaitée sur les arbres (plantation en quinconce type 10m/10m/10m)
Préparation de sol Sous solage/décompaction de la ligne de plantation (au GPS) Herse rotative sur la ligne de semis (au GPS)
Préparation de la ligne de semis Semis d'une bande enherbée possible (objectif gestion de l'enherbement) Aucune
Plantation Par l'agriculteur ou par tiers (prestation) 
Période de plantation Automne/hiver 
Coût /ha des projets en Picardie (préparation de sol, fournitures et plantation) Plantation par l'agriculteur Plantation en prestation Plantation par l'agriculteur
720 € HT/ha environ 1000 € HT/ha environ 2800 à 3800 € HT/ha

 


 

Intérêts d’une plantation agroforesterie sur le milieu

- Relais de la biodiversité sur le milieu (faune, auxiliaires de cultures)
- Préservation du capital sol (érosion, matière organique, structure)
- Préservation de la qualité de l’eau : limite les lessivages d’éléments
  polluants vers les nappes d’eau
- Diversification paysagère

 


 

Un partenariat régional sur les projets agroforestiers

L’accompagnement de ces projets de plantation s’est fait en collaboration avec les acteurs agricoles locaux :

> Volet technique

•    Le Centre de la Propriété Forestière (CRPF)
•    La Chambre d’agriculture de la Somme
•    La Chambre d’agriculture de l’Oise

> Volet financier
dans le cadre du financement par la mesure 222 « 1ère installation de systèmes agroforestiers sur des terres agricoles »
•    Le Conseil Régional de Picardie
•    La DRAAF

 


CONTACT ABP
Déborah VAN DAËLE, Chargée de mission AB au 03 22 22 58 34